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Collage de pneus: la rentabilité d’un métier sous-estimé à Kaya

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Hamidou Sawadogo est en train de coller un pneu
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Par Sié Wendpuiré BAMOGO

Hamidou Sawadogo est un colleur de pneus installé aux abords de la route nationale (RN) 3, au secteur n6 de Kaya. Aujourd’hui, il fait du métier qu’il a hérité de son oncle, une véritable source de revenu.

L’aube s’étire lentement dans la cité du cuir. Le soleil, encore discret, laisse planer une douceur éphémère avant d’imposer sa brûlure habituelle. Au secteur 6 de la ville de kaya, l’activité s’éveille au rythme des moteurs qui grondent sur la Route nationale (RN)3. Au cœur de cet univers, entre piles de pneus et odeur de caoutchouc chauffé, un homme s’affaire, concentré sur son ouvrage. 

Drapé dans un complet rose, kufi vert sur la tête, Hamidou Sawadogo évolue dans son garage, où chaque pneu posé sur sa table de travail est une promesse de fiabilité retrouvée. Son savoir-faire est connu bien au-delà de la cité du cuir et des brochettes succulentes au Koura-koura, et sa clientèle fidèle ne cesse de s’agrandir. 

  Un héritage devenu une passion

Son histoire ne commence pas ici, mais bien avant, dans les années 2000. En 2003, jeune et avide d’apprendre, Hamidou plonge dans le métier, héritant du savoir-faire de son oncle. Ce n’était alors qu’un travail de subsistance, un moyen de gagner quelques pièces pour survivre. Pourtant, au fil des années, il transforme ce savoir rudimentaire en un véritable métier. 

Aujourd’hui, presque quadragénaire, il manie avec une précision quasi chirurgicale le caoutchouc déchiré, le pneu éventré, la chambre à air perforée. Coller, réparer, assembler, il ne se contente pas de rafistoler : il redonne vie aux roues fatiguées des motos et des camions qui traversent cette route menant à Dori. 

Du pétrole au collage à chaud : une révolution silencieuse

Si le métier de vulcanisation semble figé dans le temps, il a pourtant suivi sa propre révolution technique. Le jeune Hamidou a vécu ces changements de près. « Avant, on collait avec du pétrole », raconte-t-il, la voix posée, le regard perdu dans ses souvenirs. 

Cette époque est révolue. Aujourd’hui, l’électricité et le fer chauffé ont remplacé les techniques d’antan. Le collage à chaud, allié aux outils modernes comme le compresseur, a transformé les pratiques, offrant rapidité et efficacité. Ce changement n’est pas juste technologique, il est économique, permettant aux artisans de travailler plus vite et mieux. 

Un métier sous-estimé mais rentable 

Dans l’imaginaire collectif, coller des pneus n’a rien de prestigieux. Mais dans la réalité, Hamidou Sawadogo prouve le contraire. 

« Ce métier m’a tout donné », dit-il sans détour. 22 ans de travail, des journées entières passées à réparer, à vendre, à monter et démonter des pneus. Grâce à cela, il a bâti sa vie : une famille, une maison, une stabilité que peu imaginaient possible. 

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Installé sur un axe stratégique, il reçoit en moyenne quarante clients par jour. Des routiers, des chauffeurs de gros porteurs, des motocyclistes… Tous viennent ici, parce qu’ils savent que le travail sera bien fait. 

Et pour compléter ses revenus, il s’est lancé dans le lavage d’engins. Une activité parallèle, mais qui lui assure des entrées supplémentaires. 

Le sérieux, clé de la fidélité

Le respect ne se donne pas, il se gagne. Hamidou en est la preuve. Son atelier ne désemplit pas, non pas par hasard, mais parce qu’ici, le travail est fait avec rigueur et professionnalisme. 

Barkié Ouédraogo, fidèle client depuis dix ans, le dit sans détour : « C’est un colleur pas comme les autres. Sérieux, appliqué. Où qu’il s’installe, je le suis ».

Même constat pour Moussa Belemviré, qui attend de récupérer sa moto réparée. « Il était près du marché avant, on aimait son travail. Quand il est venu ici, nous l’avons suivi. Il travaille bien, c’est ce qui compte ».

Un avenir sur les rails

Mais Hamidou ne veut pas s’arrêter là. Loin de se satisfaire de son succès, il rêve plus grand. Son prochain défi ? Se lancer dans la vente de pièces détachées automobiles et investir dans du matériel encore plus moderne. 

Dans ce garage de Kaya, où le soleil inonde chaque matin les piles de pneus usés, un homme construit son avenir. Avec ses mains, son engagement et sa volonté de fer, il prouve que les métiers invisibles peuvent aussi être des piliers économiques solides. 

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